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14.07.2006

Je ne regretterai pas l'état d'esprit de Zidane

Il n'est pas d'usage de critiquer Zinedine Zidane dont on a tant louer les qualités d'homme. Pourtant il me reste un sentiment de malaise et de tristesse après le geste du joueur mais peut être plus encore pour ses déclarations sur la chaine cryptée. Comment peut on à la fois qualifier son geste d'impardonnable, présenter ses excuses aux enfants et educateurs et en même temps ne pas regretter et sous entendre qu'il agirait de même si c'etait à refaire? Tout ça parce que sinon "Materazzi aurait eu raison de dire ce qu'il a dit"... Mais n'a t il pas dejà eu raison l'Italien justement à cause de la réaction du Français ? Il a provoqué l'expulsion pour les 10 dernieres minutes du meilleur joueurs du camp d'en face et destabilisé une équipe qui avait besoin justement de serénité pour aborder les tirs au but qui se jouent surtout dans la tête. Et c'est bien ce même Materazzi qui a soulevé la Coupe sauf erreur de ma part. Zidane risque de donner la vocation à bien des provocateurs puisque ça marche si bien ! On aurait tellement aimé un Zidane regrettant, expliquant à tous les enfants qui l'écoutaient qu'en foot on répond à des propos qui honorent aussi peu leur auteur par une motivation décuplée pour gagner le match et faire pleurer l'adversaire plutôt qu'en le frappant et une 1/2 heure après voir sa propre équipe inconsolable. Si Zidane ne "regrette pas", nous serons nombreux à regretter le formidable joueur mais pas son état d'esprit.

Christophe Fautereau
80000  Amiens

Ne me dites pas que ZIDANE n'a jamais insulté un adversaire

J' ai pu lire des dizaines de réactions concernant le geste de Zidane sur MATERRAZI en finale de la coupe du monde.
Je peux voir que le français est chauvin au point de faire passer la défaite en coupe du monde au second plan puisque tout le monde parle de ce geste et des conséquences probables. Tout le monde à l' air d' oublier les autres joueurs qui sont tributaires de ce geste ainsi que des millions de téléspectateurs qui commençaient à rêver d' un deuxième titre dans cette prestigieuse compétition. Je ne cherche pas excuser les paroles, ni la réaction de ces deux joueurs qui sont répréhensibles aussi bien l' un que l' autre. Toutefois, on parle de l'honneur d' un des joueurs qui aura marqué ces dernières années par des titres. Je suis d' accord avec ceci, mais je pense tout de même qu 'avec l'image que ZIDANE véhicule auprès des jeunes un tel geste n'aurait pas du intervenir. Ce que je retiens, c'est la défaite et la tristesse de plusieurs millions de gens. Suite à ce geste je n'étais même plus déçu et je trouve normal que le sort ait choisi l'ITALIE qui elle a gardé son sang froid, aucun joueurs Italiens n'est venu bousculer Zidane après ce coup de tête alors que certains l'ont très bien vu. Eux connaissaient parfaitement la portée d'une réaction et ce qu'elle aurait pu engendrer. Ne me dites pas que ZIDANE n'a jamais insulté un adversaire sur un terrain de football. Un journal Italien a même publié un article accusant ZIDANE  d' avoir injurié l' arbitre de la demi finale de mots aussi fort que ceux qu' il a subi en finale. Alors, sans retirer le talent de ZIZOU qui est énorme, je ne suis pas en harmonie avec les commentaires que l' on peut lire à  droite et à gauche. C' est dommage qu' il finisse comme cela mais il ne peut s' en prendre qu' à lui même.
Christophe Durget
10110 Bar-sur-Seine

Zidane mal placé en chevalier blanc

J'aimerais beaucoup savoir quelle aurait été la réaction de Zidane si Materazzi lui même avait été expulsé pour avoir frappé par exemple Thuram suite à des prétendues insultes de ce dernier. Aurait il osé comme il l'a affirmé lors de son interview s'ériger en chevalier blanc en croisade contre la provocation, l'irrespect et les insultes sur les terrains de foot du monde entier. Qu'il semble mal placé Zidane pour qui se souvient des micros indiscrets de Canal+ qui avaient surpris du temps des Girondins propos indignes et provocation du joueur à l'égard d'adversaires et arbitres, pour qui analyse tous ces cartons rouges jalonnant sa carrière dignes non pas d'un formidable N°10 mais plutôt d'un stoppeur à l'ancienne.
Seule chose "rassurante" (là c'est moi qui provoque à mon tour!) : même riche de millions d'euros et starifié depuis plus d'une décennie un Homme reste l'enfant qu'il était, avec ses qualités,défauts et rusticité en l'espèce. Même fatigué il aurait pu finir ses 10 dernières minutes de carrière à la "Cristiano Ronaldo" avec roulettes, inutiles passements de jambes pour que personne n'oublie son génie pour finir par une autre "panenka" en séance de tirs au but mais non, il a réagi comme à 14 ans en foot des rues à Marseille pour "laver son honneur". Salut l'artiste (exceptionnel) et honte à ceux qui veulent en faire un héros des temps modernes.

Michel Ponche

80610 Saint-Ouen

Malaise

Mercredi soir, j’ai ressenti un curieux malaise, un indistinct sentiment de gêne par rapport au consensus manifeste décrété par tous (le cœur et l’estomac devaient être bien accrochés pour avaler la soupe à peine tiède de Denisot et Chazal). Derrière quelques questions faussement insistantes, l’objectif unique transparaissait clairement : il fallait afficher l’humanité, toute l’humanité, rien que l’humanité d’un être unique, au moyen d’une désacralisation qui le rendait paradoxalement plus grand encore, également plus proche de tous car plus semblable à chacun. Ce n’était plus Zinedine Zidane qui parlait mais Zizou, miroir de chacun de nous, cherchant une magnanimité acquise d’avance, tant il est vrai qu’on pardonne aisément à soi-même. Des excuses, pas de regrets, des journalistes compatissants, pour ne pas dire complaisants, et parlant bas comme il sied à tout enterrement panthéonisé, bref, hier soir, c’était opération contre-feu à tous les étages. Eh bien non, je ne suis pas d’accord avec le discours politiquement correct de notre Zidane national. Je ne suis pas d’accord avec cette grand’messe manifestement organisée pour désamorcer toute voix dissidente par le biais d’une entreprise de culpabilisation (honte à ceux, qui après une telle repentance, serait encore enclins à chercher querelle à Zidane !). Et pourtant, le « Je m’excuse pour les enfants… » pour acte de contrition qu’il soit, donc toujours louable, est en l’occurrence totalement déplacé puisqu’il est acquis que les enfants voient tous les jours une violence autrement plus dure à supporter. Parfois, et c’est même très fréquent dans certaines parties du monde, ils la subissent aussi. Très franchement, compte tenu des dures réalités de la vie, il est peu probable que les enfants du monde aient été traumatisés par un coup de tête zidanien ou que leur comportement futur sur un terrain de sport en soit influencé de quelque manière que ce soit. Ces excuses sont également très insuffisantes. Il ne s’agit pas de bruler ce que l’on a tant aimé : Zinédine Zidane est un des plus grands joueurs de football de tous les temps et sa virtuosité balle au pied n’a pas fini d’émerveiller des générations futures de joueurs. Personne ne doute non plus de son engagement humaniste, de sa pudeur et de ses qualités humaines en général. Zidane est le roi du foot et son royaume est infini ! Mais une fois que l’on a dit ça, il est nécessaire de rappeler que les petits (ceux qui ne gagnent pas des salaires exorbitants), les citoyens ordinaires, et parmi eux beaucoup de gens en difficulté, subissent au quotidien des insultes, des brimades, des pressions qui n’ont rien à envier à celle infligées à Zidane. Simplement, eux n’ont aucun moyen de se rebeller (et ceux qui le font en subissent les conséquences) et n’ont surtout personne pour leur pardonner. Ce sont d’ailleurs souvent les mêmes qui viennent chercher dans les matchs de football et plus particulièrement à l’occasion d’une coupe du monde, un rêve de fierté, de grandeur et de puissance. Des sentiments pas forcément parmi les plus nobles mais si profondément humains… Alors moi j’ai des regrets, comme sans doute des centaines de milliers de vrais supporters de l’équipe de France, comme sans doute aussi certains joueurs de cette même équipe qui pourtant, on peut en être certain, ne diront rien. Qui d’ailleurs laissera parler les déçus, tout ceux qui aujourd’hui, demain et pour longtemps encore seront inconsolables. Pas les instituts de sondage en tout cas, qui nous prouvaient dès le lendemain que tout était pardonné (les chiffres ont par ailleurs amusants puisqu’il ressortait que de 2 à 30% des gens interrogés pardonnaient sans comprendre). Mais qui ont-ils interrogés vraiment ? Les supporters en larmes errant dans les rues ? Soyons sérieux, la méthode des quotas à ses limites quand la structure sociologique même d’une nation toute entière est considérablement modifiée par l’émotion d’un instant. Pas plus les journalistes de télévision, qui, dans leur sagesse infinie soutenue par quelques mouvements lents des paupières, ont clairement signifié mercredi que la page était tournée et qu’il serait par conséquent outrancier et indécent d’insister. Cette coupe du monde, on l’a probablement perdue sur ce coup de tête insensé intervenu au plus fort de la domination française. Et ce coup étrangement, j’ai du le recevoir aussi parce que c’est bien dans la poitrine que je ressens de la douleur. Alors non, définitivement, Monsieur Zidane avec tout le respect que je dois au joueur immense que vous êtes et à l’homme blessé par la bêtise ou la méchanceté d’un type dont je n’ai même pas envie d’écrire le nom, je vous le dis fermement et du fond du cœur, c’est à tous ceux qui ont vraiment souffert, c'est-à-dire nous, que vous deviez présenter des excuses.

Marc Madrias

75012 Paris

 

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