13.07.2006

Comment arbitrer ?

La coupe du monde qui vient de s'achever m'a rappelé à bien des égards celle de 1998  avec une organisation sans failles, des stades pleins et colorés, un engagement et une bonne qualité de jeu, des organisations tactiques élaborées  et ce lot de surprises qui donne toute sa saveur au football. Le remarquable parcours de l'équipe de France a été naturellement, a fortiori pour nous français, un des éléments concourant à ce parallèle.
Ceci étant je m'interroge sur l'arbitrage, tout en reconnaissant bien volontiers qu'il est très difficile d'être irréprochable pour un directeur de jeu  qui n'est qu'un homme, en particulier dans le cadre d'un tournoi mondial exacerbant les nationalismes à un point tel que certaines décisions tourneraient presque à l'affaire d'Etat.
Quelques exemples :  - A tout seigneur, tout honneur (bien qu'il ait été bafoué, en
l'occurence..), l'expulsion de Zinédine Zidane.
En dehors du fait que le geste inqualifiable du capitaine français méritait sans conteste l'expulsion, j'ai eu le sentiment très désagréable qu'elle résultait plus de l'intervention de certains joueurs italiens auprès du trio arbitral concerné que de celle du juge de touche et du 4° arbitre auprès du directeur de jeu. Car, en effet, de deux choses l'une: soit le juge de ligne et/ou le 4° arbitre a vu le geste en direct et il n'y a rien à dire, soit ce dernier l'a visionné après coup (si j'ose dire!..) sur son écran, comme des millions de téléspectateurs,  et là, on peut ouvrir la polémique puisque la FIFA refuse l'arbitrage vidéo. Dans ce contexte et sans reparler du but non validé de VIERA contre la Corée
du Sud , on peut aussi revoir avec interêt les images du "tampon" de Cannavarro à l'encontre d'Henry qui valait au minimum un jaune me semble-t'il et de l'intervention du même poète, au demeurant remarquable défenseur, qui a valu à un Zidane lui ayant normalement disputé la balle de la tête, de se retrouver au sol avec l'épaule en compote sans que l'arbitre y trouve à redire.
  -Autre remarque au sujet de cette fâcheuse tendance à privilégier les équipes nationales les plus prestigieuses (qui sont naturellement l'émanation des fédérations  les plus influentes) en omettant de sanctionner des fautes plus que flagrantes dans les surfaces de réparation, en accordant des pénaltys plus que sévères dans les dernières secondes d'un match au score jusque là égal, en distribuant sans lésiner un second carton jaune bien avant la fin du match ou en oubliant les directives relatives aux
sanctions inhérentes à un tacle par derrière ou à un "enlaçage " de l'attaquant adverse dans la surface...J'en passe et des meilleures.
Les philosophes du football diront, à juste titre, que celà s'équilibre sur une saison. Mais là, il s'agit d'un tournoi  au cours duquel une moitié des équipes disparait au bout de 3 matches et c'est toujours ou en tout cas (trop) souvent dans le même sens.
- Dernière observation enfin: Je voudrais bien qu'on m'explique pourquoi de nombreuses  fautes de main ont été systématiquement sifflées partout dans le champ de jeu, sauf dans la surface de réparation ?
Certes, je suis tout à fait d'accord pour qu'une faute de main ne soit pas sanctionnée si elle est visiblement involontaire, ce qui semblait être le cas de celle du suisse de Lyon  Patrick Müller contre la France. Mais dans ce cas pourquoi siffler celles qui résultent d'une prise de balle classique ou d'un rebond capricieux? Celà hache le jeu inutilement et  met parfois fin à une action qui aurait pu aller à son terme. C'est regrettable.
Gérard Nivlet
33000 Bordeaux

Commentaires

Bonjour ,

je dirais avant toutes choses...Comment se comporter sur un terrain ? Arbitrer consiste à siffler les fautes.

mais les joueurs , ne devraient ils pas avoir un suivi psychologique pour éviter certains débordement que ce soit physique ou moral.

Exemple en France...Cyril Rool...Comment as t-on pu laisser jouer un homme comme lui aussi bête et aussi violent...Il aurait du être interdit de club depuis longtemps.

HEMP.

Ecrit par : hempreally | 13.07.2006

Cyril Rool est désormais victime de sa réputation et les arbitres mettent plus facilement un carton à Rool ou jurietti qu'a Dernis ou Vahirua.

Ecrit par : don corleone | 13.07.2006

d'accord sur rool, il est maintenat victime plus souvent que coupable, même si c'était plus l'inverse il y a quelques années.

Mais, sans entrer dans certains propos de Gérard, cette coupe du monde semble montrer qu'il est temps de faire quelque chose sur l'arbitrage.

Entre les erreurs, les réclamations, les polémiques.... cette coupe du monde a été le reflet de ce qu'est devenu le football d'aujourd'hui. On a beau sanctionner ce qu'on veut, les limites de l'arbitrage actuel ont été atteintes. On y a tout vu : des ballons rentrés qui n'entrainent pas de but, des mains non sanctionnées, des ballons non rendus...

Il est temps de réfléchir soit à moderniser l'arbitrage, soit à prendre quelques décisions... Le décalage devient trop grand entre des téléspectateurs qui voient tout et des arbitres qui ne voient que ce qui est humainement possible (dans le meilleur des cas). Il devient impératif que les joueurs deviennent plus raisonnables, notamment en sachant qu'ils risquent gros. 1 ou 2 matchs de suspension, ce n'est rien. Une sanction financière, avec les millions qu'ils touchent, ce n'est rien. Surtout quand ils savent que c'est "pas vu pas pris". Le recours à la video, même si ce n'est pas pendant les matchs, doit être utilisé au moins après coup. Cela ne changera peut-être pas les résultats, mais ce n'est qu'avec un changement de mentalité sur les terrains que l'on s'en sortira, et pour cela, rien de tels que de laisser planer la menace jusqu'après les matchs. Le joueur veut jouer, mais si la sanction est exemplaire, si rien n'empêche de sanctionner après coup, à la longue cela aura une influence.

Par exemple, ne pas rendre le ballon comme l'ont fait les hollandais, si cela peut entrainer une lourde sanction après coup, le portugais n'a pas besoin de se faire justice tout seul.

Ce n'est pas une faute physique de ne pas rendre un ballon, mais cela va contre l'esprit du jeu, donc sanction. L'arbitre n'a pas eu le courage de le faire, et bien que cela soit réglé après le match. Et aucun joueur ne peut être insensible à deux mois de suspension toutes compétitions confondues. Et cela doit devenir un minimum. Arrêtons de compter les suspensions en matchs, et commençons à compter en mois, sachant que les trêves d'été ou d'hiver ne doivent pas compter. Une lourde sanction, ce n'est plus 3 ou 4 matchs, mais 3 ou 4 mois. Les effectifs sont pléthoriques, donc les mecs ont les copains pour les remplacer. Et il est rare qu'ils perdent leur place de titulaire en quelques malheureux matchs. Par contre, un joueur blessé trois ou quatre mois sait qu'il va avoir du mal à retrouver sa place en revenant. Et bien, voilà, comment, avec le temps, on peut espérer renverser la vapeur.

Ecrit par : Jerome | 14.07.2006

Ca, et puis tout joueur qui en blesse un autre est interdit de terrain jusqu'au retour de sa victime + 50 % du temps de soin...Si la faute est délibérée et qu'elle a valu un carton jaune ou rouge.
Ca évitera les tacles à hauteur de la gorge.

Mais là, nous parlons règle ou arbitrage ?
En lisant les messages, je me suis rendu compte que ce qui posait problème, ce n'était pas seulement l'arbitrage, mais aussi certaines sanctions trop légère pour le foot d'aujourd'hui....

Ecrit par : scoobidoo | 14.07.2006

C'est absolument vrai, scoobidoo... Devant les erreurs d'arbitrage, on peut se dire que les arbitres ne sont que des gros nuls ou se dire que les règles forment une incompatibilité entre l'application possible et le jeu d'aujourd'hui.

Auquel cas, il vaut mieux jouer soit sur les règles soit sur les sanctions pour réduire le fossé.

Ecrit par : Jerome | 14.07.2006

Je crois que le prinçipal probléme du foot , c'est que le spectacle proposé par les joueurs est tellement minable qu'on en est réduit à d'autres choses pour pouvoir parler d'un match . De plus , les matches sont tellement fermés que cela se joue presqu'à chaque fois sur un détail . Et ce détail est souvent un coup franc ou un pénalty sifflé ou non sifflé , un hors-jeu , un but refusé etc ...
Il faut revenir aux bases du foot , c'est à dire ne pas jouer pour ne pas prendre de but mais tout faire pour en marquer plein , plein , plein . Aprés tout , la régle du jeu , c'est
bien de marquer un but de plus que l'adversaire ,alors que ce soit 1-0 ou 7-6 , c'est pareil pour eux non ?
Ca peut sembler ne pas avoir de rapport mais si ça en a un : cela permettrait à l'ambiance des matches d'etre plus festive et ainsi les esprits seraient moins chagrins et donc moins enclins à aller pleurer sur l'arbitre . En clair , il y'aura toujours des erreurs d'arbitrage mais on n'en parlera plus . Pour moi , ces histoires d'arbitrage sont dues à l'état d'esprit médiocre qui régne dans le foot et dans notre société en géneral . Allez lâchons nous un peu , le foot c'est la fête oui ou merde ?

Ecrit par : jose | 14.07.2006

Je suis d'accord pour dire que comparer les époques n'est pas adéquate , mais une moyenne de 3 buts par match c'est jouable . C'est ce que l'on trouve en Allemagne et aux Pays-Bas dont les clubs obtiennent sensiblement les mêmes résultats que nous en coupes d'Europe . Ce n'est donc pas une histoire de compétivité . On sait que le tournant dans notre jeu s'est produit dans les années 90 , au moment où les Italiens dominaient outrageusement l'Europe , à l'aide d'un football ultra-réaliste . Nous qui ne voulions pas etre en reste , nous nous sommes mis à les copier (quand un truc marche ...) . S'ensuivirent alors les années fastes des clubs français avec les grands parcours de Marseille , Paris , Monaco , Auxerre et Bordeaux . Cela a duré jusqu'à l'arrêt Bosman , bénéficiant aux championnats acheteurs , surtout l'Espagne et l'Angleterre qui ont pris la main . Du coup cela a bénéficié à notre sélection remplie de mercenaires évoluant dans ces pays et en Italie . Mais toujours sous ce modéle réaliste , emmené par le défensif Aimé Jacquet auquel ont succédé des entraineurs du même modéle : Lemerre , Santini et Domenech . Dailleurs avec Domenech , on recule encore d'un cran car si les 3 autres étaient milieux défensifs en tant que joueurs , lui il était carrément défenseur .
Si on compare , la Ligue 1 d'aujourd'hui avec celle des années 90 , on s'aperçoit qu emis à part Lyon , aucune équipe ne semble capable de briller autant que les équipes citées plus haut . La faute à l'arrêt Bosman cumulée avec la flambée des prix qui la accompagnée . En fait , le niveau s'est egalisé par le bas . Pour s'en rendre compte , il faut comparer les effectifs avec ceux d'il y'a 15 ans lorsque tous les joueurs de Platini (un offensif tiens !) évoluaient en France et survolaient leur groupe éliminatoire . Ce qui fait que toutes les équipes se valent et pratiquent le même jeu stéréotypé devenu la marque de fabrique du foot français en géneral . Mais attention au Mans , les stats démontrent que c'est la seconde année la plus dure pour un promu .

Ecrit par : jose | 15.07.2006

3 buts par match, quel bonheur. Mais, pour prendre l'exemple des pays-bas, l'écart entre les meilleurs et les derniers est énorme. Ceci explique aussi cela !

Par contre, je ne suis pas d'accord pour parler de mercenaires quand les joueurs s'expatrient. Cela fait partie du monde actuel, de l'Europe, et c'est vrai aussi pour les autres jobs, donc...

Et à ce moment-là, les joueurs étrangers qui viennent en France sont aussi des mercenaires, donc 1 partout.

Sinon, d'acord pour Lyon qui semble bien seul à pouvoir lutter. Je ne suis pas un fan de Lyon mais force est de constater l'excellent travail d'Aulas. Chacun peut dire ce qu'il veut de lui, mais en attendant, c'est un exemple de réussite en travaillant sur le fond et le long terme, donc BRAVO.

Pour l'épopée des joueurs de Platini, c'était certes une belle prouesse, mais encore une fois, à quoi sert d'être champion du monde des matchs amicaux quand on est pas capables d'évoluer correctement en compétition officielle.

Pour Le Mans, ce sera d'autant plus dur que le recrutement me semble un peu fébrile. J'aurai aimé de vrais renforts... Mais, bon, j'étais sceptique après le recrutement de l'année dernière aussi, donc l'espoir est permis.

Ecrit par : Jerome | 15.07.2006

Ah oui , j'oubliais . Le mot mercenaire correspond à des gens qui agissent en fonction de l'argent (Dictionnaire actuel de la langue française) . Donc quitter la France pour jouer là où il y'a plus d'argent , est bien l'acte de mercenaires . Le prinçipe s'applique bien entendu à nos étrangers . Il ne s'agissait pas pour moi d'ouvrir une polémique mais juste de dire la réalité .Surtout que ce phénoméne est lié à l'arrêt Bosman qui a fait exploser les prix . Par exemple , aujourd'hui , un Mamadou Niang coûte plus cher que coûtait un Waddle il y'a 15 ans . Edifiant non ?

Ecrit par : jose | 15.07.2006

Écrire un commentaire